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Approche thérapeutique· 5 min de lecture

L'alliance thérapeutique : pourquoi la relation avec votre psychologue compte autant

Quelle que soit la méthode choisie, un ingrédient revient dans presque toutes les thérapies qui fonctionnent : la qualité du lien entre le patient et son psychologue. Les chercheurs l'appellent « l'alliance thérapeutique », et ils l'étudient depuis plus de quarante ans.

Un travail d'équipe

Quand on pense à une thérapie, on pense souvent à la méthode : thérapie cognitive et comportementale, psychanalyse, EMDR, hypnose… Ces approches sont différentes, et chacune a ses forces. Mais les chercheurs ont remarqué qu'un autre élément compte beaucoup, quelle que soit la méthode : la relation qui se construit entre vous et votre psychologue.

On parle d'alliance thérapeutique. Le mot « alliance » est bien choisi. Il ne s'agit pas d'un expert qui sait tout face à un patient qui écoute. Il s'agit de deux personnes qui travaillent ensemble, dans la même direction.

Les trois ingrédients de l'alliance

En 1979, le psychologue américain Edward Bordin a proposé une définition simple, encore utilisée aujourd'hui. Selon lui, l'alliance repose sur trois piliers :

  • Des objectifs partagés. Vous et votre psychologue êtes d'accord sur ce que vous voulez changer. Par exemple : mieux dormir, oser parler en réunion, retrouver goût aux choses.
  • Des tâches acceptées. Vous êtes d'accord sur la façon d'y arriver : parler de votre histoire, faire de petits exercices entre les séances, observer vos pensées…
  • Un lien de confiance. Vous vous sentez respecté, écouté, en sécurité pour dire ce qui est difficile.

Bordin insistait sur un point : cette alliance se construit à deux. Elle ne dépend pas seulement du savoir-faire du psychologue, mais aussi d'un accord mutuel.

Ce que montre la recherche

Depuis, l'alliance a été étudiée dans un très grand nombre de travaux. En 2018, une équipe de chercheurs menée par Christoph Flückiger, professeur à l'université de Zurich, a rassemblé 295 études, portant sur plus de 30 000 patients, publiées entre 1978 et 2017.

Leur conclusion est claire : plus l'alliance est solide, plus la thérapie a de chances de donner de bons résultats. Et ce lien se retrouve partout :

  • quelle que soit l'approche thérapeutique ;
  • que l'on interroge le patient, le psychologue ou un observateur extérieur ;
  • quels que soient les patients et les pays ;
  • et même pour les thérapies menées par Internet.

D'autres chercheurs décrivent ce lien comme l'un des résultats les plus souvent confirmés de toute la recherche en psychothérapie. Pour Christoph Flückiger, ces travaux montrent qu'il vaut la peine d'investir dans une collaboration respectueuse et confiante.

Un cercle vertueux

On pourrait se demander : est-ce que l'on s'entend bien avec son psychologue parce que l'on va déjà mieux ? Les chercheurs se sont posé la question.

Selon l'université de Zurich, l'équipe de Christoph Flückiger a observé qu'en début de thérapie, les deux vont de pair et se renforcent l'un l'autre. Une bonne alliance aide à réduire les symptômes. Et quand on commence à aller mieux, l'alliance se renforce à son tour. Les chercheurs parlent d'une spirale ascendante.

Les spécialistes restent prudents : la recherche suggère que l'alliance pourrait elle-même aider à guérir, mais ce point est encore étudié. Ce qui est certain, c'est qu'elle compte.

Et quand le lien se fragilise ?

Une alliance n'est pas toujours parfaite. Il arrive qu'on ne se sente pas compris, qu'un exercice paraisse inutile, ou qu'on n'ose pas dire quelque chose. Les chercheurs appellent ces moments des ruptures. Les psychologues J. Christopher Muran et Sigal Zilcha-Mano les décrivent ainsi. Elles peuvent prendre deux formes : se mettre en retrait (se taire, rester en surface) ou s'opposer (contester, s'agacer).

La bonne nouvelle, c'est que ces moments peuvent devenir précieux. Quand le patient et le psychologue en parlent ouvertement et ajustent ensemble leur façon de travailler, la relation en sort souvent plus forte. Les recherches associent ces « réparations » à de meilleurs résultats. C'est parfois même l'occasion de vivre une relation différente de celles que l'on connaît.

Concrètement, vous pouvez toujours dire à votre psychologue ce qui vous gêne, ce qui vous aide, ou ce que vous attendez. C'est une partie normale et utile du travail.

Trouver le bon psychologue pour vous

Se sentir à l'aise avec son psychologue n'est pas un détail : c'est un vrai moteur du changement. C'est pourquoi le choix de la personne qui vous accompagne compte autant que le choix de la méthode. Chez L'Espace Commun, Andie, fondatrice du centre, prend le temps de comprendre votre demande pour vous orienter vers le psychologue le plus adapté, parmi un réseau de professionnels en Île-de-France.

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