Oublis normaux ou signes d'alerte ?
Avec l'âge, il est fréquent de chercher un mot ou d'oublier où l'on a posé ses clés. Ce qui doit alerter, c'est quand les difficultés s'aggravent, se répètent et retentissent sur la vie quotidienne : oublier des conversations récentes, se perdre dans un lieu connu, avoir du mal à gérer ses papiers ou ses médicaments, changer d'humeur ou de comportement.
Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes, parfois simples à traiter : fatigue, dépression, anxiété, problème de vue ou d'audition, effet d'un médicament. Ils peuvent aussi être les premiers signes d'une maladie neurodégénérative, comme la maladie d'Alzheimer. D'où l'intérêt de faire le point tôt.
Le repérage des troubles cognitifs
Le psychologue peut proposer des tests rapides de repérage, notamment de la maladie d'Alzheimer : des exercices simples, sous forme de questions et de petites tâches, qui sollicitent la mémoire, l'attention, le langage, l'orientation dans le temps et l'espace. Ils donnent une première idée de la situation. Ils ne remplacent pas un diagnostic, mais permettent de savoir si un bilan plus complet est nécessaire et d'orienter vers le médecin traitant ou une consultation mémoire.
Préserver ses capacités et le moral
Lorsque des troubles sont présents, la stimulation cognitive propose des activités régulières pour entretenir la mémoire, la communication et le lien social. Le soutien psychologique aide aussi à traverser les deuils, la perte d'autonomie, la solitude ou la dépression, qui est fréquente et souvent méconnue chez les personnes âgées.
Les proches aidants et l'entrée en institution
Accompagner un parent ou un conjoint qui perd son autonomie est éprouvant : fatigue, culpabilité, inquiétude, tensions familiales. Le moment où il faut envisager une entrée en Ehpad est souvent particulièrement douloureux. Un espace pour en parler aide à prendre des décisions plus sereinement, à préparer ce changement avec la personne concernée et à prendre soin de soi.
Les signes qui peuvent alerter
Oublis récents
Oublier des événements ou des conversations récentes, poser plusieurs fois la même question.
Désorientation
Se perdre dans un lieu connu, confondre les jours ou les dates.
Vie quotidienne
Difficultés à gérer son budget, ses rendez-vous, ses médicaments.
Langage
Chercher ses mots de plus en plus souvent, avoir du mal à suivre une conversation.
Humeur
Tristesse, repli, perte d'intérêt, irritabilité ou anxiété inhabituelles.
Épuisement de l'aidant
Chez le proche : fatigue, isolement, sentiment de ne plus y arriver.
Ces repères ne remplacent pas une évaluation : seul un professionnel peut poser un diagnostic.
Comment un psychologue peut vous aider
Selon la demande, l'accompagnement peut prendre plusieurs formes : des tests de repérage des troubles de la mémoire, avec une orientation vers le médecin si nécessaire ; des séances de stimulation cognitive ; un soutien psychologique pour la personne âgée face aux pertes et aux changements ; et un accompagnement des proches aidants, notamment au moment d'une entrée en institution.
Approches et bilans utiles
Vrai ou faux ?
Idée reçue« Perdre la mémoire, c'est normal en vieillissant. »
En réalitéQuelques oublis sont normaux, mais des troubles qui s'aggravent ne sont pas une fatalité de l'âge : ils méritent d'être explorés.
Idée reçue« À quoi bon consulter, on ne peut rien faire. »
En réalitéUn repérage précoce permet de traiter certaines causes, d'anticiper et de mettre en place des aides qui améliorent la vie au quotidien.
Idée reçue« Un bon aidant ne se plaint pas. »
En réalitéPrendre soin de soi est indispensable pour pouvoir continuer à accompagner son proche.
Les mots du psy, en clair
- Troubles cognitifs
- Difficultés touchant la mémoire, l'attention, le langage ou le raisonnement.
- Maladie neurodégénérative
- Maladie qui atteint progressivement les cellules du cerveau, comme la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson.
- Consultation mémoire
- Consultation spécialisée, souvent à l'hôpital, qui réalise le diagnostic des troubles de la mémoire.
Questions fréquentes
Mon parent refuse de consulter, que faire ?
C'est fréquent. Vous pouvez venir seul pour en parler : le psychologue vous aidera à trouver les mots et le bon moment.
Les tests de repérage posent-ils un diagnostic ?
Non. Ils indiquent si un bilan plus complet est utile. Le diagnostic d'une maladie neurodégénérative est posé par un médecin.