Le principe
La thérapie brève part d'une idée simple : pour changer, il n'est pas toujours nécessaire de comprendre toutes les causes d'une difficulté. Ce qui compte, c'est ce qui l'entretient aujourd'hui et ce qui permettrait d'en sortir. Le thérapeute vous aide à définir un objectif concret (« dormir sans angoisse », « retrouver le goût d'aller au travail », « apaiser les disputes à la maison ») et à avancer pas à pas vers lui.
Elle est dite « brève » parce que le travail est pensé dès le départ pour durer peu de temps : on fait régulièrement le point sur les progrès, et l'on s'arrête quand l'objectif est atteint.
Deux grands courants
- La thérapie brève stratégique, née à la fin des années 1960 au Brief Therapy Center du Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie, autour de Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch. Leur idée clé : ce sont souvent les solutions que l'on essaie pour régler un problème qui finissent par l'entretenir. On cherche alors à interrompre ce cercle vicieux, parfois avec des propositions inattendues.
- La thérapie brève orientée solutions, développée à partir de la fin des années 1970 à Milwaukee par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg. Plutôt que d'analyser le problème, on s'intéresse aux moments où il est moins présent, à ce qui marche déjà, et à la vie que vous souhaitez une fois la difficulté réglée.
Ce que dit la recherche
En 2013, une revue de la littérature publiée dans la revue Research on Social Work Practice a rassemblé 43 études contrôlées sur la thérapie brève orientée solutions : environ trois sur quatre montraient un bénéfice significatif, et les résultats les plus nets concernaient la dépression de l'adulte, avec une efficacité comparable à celle d'autres traitements reconnus, souvent en moins de séances. Des spécialistes ont toutefois souligné que la qualité de ces études était très variable : ces résultats sont encourageants, mais doivent être confirmés.
Pour quelles difficultés ?
- Anxiété, stress
- Difficultés relationnelles ou familiales
- Problèmes au travail, burn-out
- Confiance en soi
- Situations de crise ou de transition
- Enfants, adolescents et adultes
Comment se passe une thérapie ?
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1
Définir l'objectif
On précise ce que vous voulez voir changer, de façon concrète et réaliste.
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2
Explorer ce qui marche
On repère vos ressources, les moments où la difficulté est moins forte, et ce que vous avez déjà essayé.
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3
Expérimenter
Le thérapeute vous propose de petits changements ou des tâches à tester entre les séances.
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4
Faire le point
À chaque séance, on mesure les progrès (par exemple sur une échelle de 0 à 10) et l'on décide ensemble de la suite.
Vrai ou faux ?
Idée reçue« Une thérapie courte est forcément superficielle. »
En réalitéUn objectif précis et un travail ciblé peuvent produire des changements durables, en peu de séances.
Idée reçue« On ne parle jamais du passé. »
En réalitéLe passé n'est pas exclu, mais l'accent est mis sur ce qui entretient la difficulté aujourd'hui et sur la suite.
Idée reçue« Le thérapeute donne des recettes toutes faites. »
En réalitéLes propositions sont construites avec vous, à partir de votre situation et de vos propres ressources.
Les mots du psy, en clair
- Objectif thérapeutique
- Le changement concret que l'on vise ensemble.
- Question miracle
- Imaginer qu'en se réveillant demain le problème a disparu : qu'est-ce qui serait différent ?
- Échelle
- Évaluer de 0 à 10 où l'on en est, pour mesurer les progrès.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il ?
Le plus souvent entre quelques séances et une dizaine. On fait régulièrement le point, et vous restez libre d'arrêter quand l'objectif est atteint.
En quoi est-ce différent des TCC ?
Les deux sont actives et centrées sur le présent. Les TCC travaillent beaucoup sur les pensées et les comportements ; la thérapie brève s'intéresse surtout aux interactions, aux solutions déjà essayées et aux ressources.