Le principe
L'ICV part d'une observation simple : après un événement difficile, surtout s'il s'est produit tôt dans la vie, une partie de nous peut rester « figée » à ce moment-là. Des émotions, des peurs ou des réactions disproportionnées surgissent alors dans le présent, comme si le danger n'était jamais passé.
Le cœur de la méthode est la ligne du temps : une suite de souvenirs repères, un par année de vie environ, que la personne prépare avec son thérapeute. En la parcourant de façon chronologique, jusqu'à aujourd'hui, on aide le cerveau à replacer les expériences passées dans une histoire continue. Les études menées auprès de patients et de thérapeutes décrivent la répétition de cette ligne du temps comme l'élément central du travail.
Une approche psycho-corporelle
L'ICV ne passe pas seulement par la parole. Pendant la séance, la personne est invitée à rester attentive à ce qu'elle ressent dans son corps et à ses émotions, pendant que le thérapeute accorde le rythme à ses réactions. Elle se décrit comme une thérapie brève : quelques séances peuvent suffire pour un souvenir précis, davantage pour des blessures répétées ou anciennes.
Une particularité souvent mise en avant est la possibilité de travailler sur des périodes dont on n'a pas de souvenir clair, comme la petite enfance, et sur le lien d'attachement.
Ce que dit la recherche
L'ICV est une méthode récente. Les recherches publiées sont encore peu nombreuses et portent surtout sur des études de cas ou des entretiens avec des thérapeutes. Elles décrivent un sentiment d'« intégration » chez les patients, une meilleure régulation des émotions et une plus grande confiance en soi. Ces résultats sont encourageants, mais ils doivent encore être confirmés par des études plus larges. C'est pourquoi l'ICV est souvent proposée dans le cadre d'un accompagnement psychothérapeutique plus global.
Pour quelles difficultés ?
- Traumatismes, y compris anciens
- Blessures de la petite enfance
- Anxiété, réactions émotionnelles disproportionnées
- Difficultés d'attachement
- Manque de confiance en soi
- Deuil difficile
- Enfants et adultes
Comment se passe une thérapie ?
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1
Entretien et histoire de vie
On fait le point sur votre demande et l'on construit ensemble votre ligne du temps : un souvenir repère par année.
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2
Choix du point de départ
On part d'un souvenir ou d'une émotion qui pose problème aujourd'hui.
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3
Parcours de la ligne du temps
Le thérapeute vous guide à travers vos souvenirs, dans l'ordre chronologique, jusqu'au présent. Ce parcours est répété plusieurs fois au cours de la séance.
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4
Retour au présent
On termine dans l'ici et maintenant, en vérifiant ce qui a changé dans votre ressenti.
Vrai ou faux ?
Idée reçue« Il faut se souvenir de tout pour que ça marche. »
En réalitéNon. La ligne du temps s'appuie sur des souvenirs repères simples, et l'ICV peut aussi travailler sur des périodes peu ou pas mémorisées.
Idée reçue« C'est la même chose que l'EMDR. »
En réalitéLes deux s'adressent au trauma, mais l'ICV repose sur le parcours répété de la ligne du temps de toute la vie, sans mouvements des yeux.
Idée reçue« Revivre ses souvenirs, c'est forcément douloureux. »
En réalitéLe thérapeute adapte le rythme à vos réactions, et chaque séance se termine dans le présent, dans un état apaisé.
Les mots du psy, en clair
- Ligne du temps
- Liste chronologique de souvenirs repères, du passé jusqu'à aujourd'hui.
- Intégration
- Le fait de relier les expériences vécues en une histoire continue et cohérente.
- Attachement
- Le lien de sécurité qui se construit, dès la naissance, avec les personnes qui prennent soin de nous.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il ?
L'ICV est une thérapie brève, mais le nombre de séances dépend de votre histoire : on en parle dès le premier entretien.
L'ICV convient-elle aux enfants ?
Oui, la méthode s'adapte aux enfants et aux adolescents, avec un parent présent si besoin.