Bilan psychologique· 5 min de lecture
Le TAT : que révèlent les histoires que l'on invente à partir d'images ?
Apparu en 1935, le Thematic Apperception Test (TAT) invite à raconter des histoires à partir d'images aux scènes volontairement peu explicites. Comment se déroule ce test projectif, et ce qu'il peut éclairer.
Un test né dans les années 1930
Le Thematic Apperception Test, que l'on pourrait traduire par « test d'aperception thématique », est l'un des plus anciens tests projectifs encore utilisés. Il est associé au nom de Henry Murray et apparaît en 1935. Le mot « aperception » désigne la façon dont chacun perçoit et interprète une situation à travers sa propre histoire.
Le principe est simple : on présente à la personne une série de planches illustrées, montrant des personnages dans des scènes peu explicites. Elle est invitée à inventer une courte histoire pour chacune : ce que font les personnages, ce qu'ils pensent ou ressentent, et comment, selon elle, la situation va se terminer.
Pourquoi raconter des histoires ?
L'idée de départ est que, face à une image ambiguë, chacun comble les blancs avec ses propres attentes, ses inquiétudes et ses façons de vivre les relations. Dès 1950, deux auteurs britanniques, M. Valentine et A. A. Robin, décrivaient ainsi le TAT comme un test de l'imaginaire, où la personne « projette » une part de ses attitudes, de ses humeurs et de ses désirs dans les récits qu'elle construit.
Il ne s'agit pas de trouver la « bonne » histoire : il n'y en a pas. Ce qui intéresse le psychologue, c'est la manière dont le récit se construit :
- les relations entre les personnages : proches, distantes, conflictuelles, protectrices ;
- les émotions exprimées, évitées ou débordantes ;
- la façon de résoudre les difficultés : l'histoire trouve-t-elle une issue, ou reste-t-elle bloquée ?
- la forme du discours : hésitations, détails, retours en arrière, histoires très courtes ou au contraire foisonnantes.
Comment le TAT est utilisé en France
En France, la pratique du TAT s'est beaucoup développée dans une perspective d'inspiration psychanalytique, à partir des travaux de la psychologue Vica Shentoub et de ses successeurs. Leur méthode, présentée notamment dans le Nouveau manuel du TAT dirigé par Françoise Brelet-Foulard et Catherine Chabert (Dunod, 2019), propose une grille rigoureuse pour analyser les récits.
Concrètement, le psychologue ne se contente pas du contenu des histoires : il observe aussi les « procédés » utilisés pour les raconter, qui renseignent sur la manière dont la personne fait face à ce qui la touche. Le TAT peut être proposé en complément d'autres tests, et prend tout son sens en lien avec des entretiens cliniques.
Quelle place dans un bilan ?
Le TAT peut être une porte d'entrée vers le monde intérieur d'une personne, surtout quand il est difficile de parler directement de soi. Raconter une histoire sur « quelqu'un d'autre » permet parfois d'aborder indirectement des thèmes sensibles : la solitude, la rivalité, la perte, le lien aux parents.
Ses résultats prennent leur sens lorsqu'ils sont croisés avec l'entretien, l'histoire de la personne et, si besoin, d'autres tests. Un bon bilan ne se résume jamais à une épreuve : c'est le regard d'ensemble du psychologue, et le dialogue avec la personne lors du compte rendu, qui lui donnent sa valeur. N'hésitez pas à demander au psychologue pourquoi il propose ce test et ce qu'il en attend.
Vous envisagez un bilan ?
Si vous vous interrogez sur votre fonctionnement psychologique, ou sur celui d'un proche, un bilan peut aider à mieux comprendre ce qui se joue et à orienter la suite. Chez L'Espace Commun, Andie, fondatrice du centre, vous oriente vers le psychologue le plus adapté à votre demande, formé aux outils d'évaluation pertinents pour votre situation.