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L'hyperphagie boulimique : quand on perd le contrôle face à la nourriture

Manger beaucoup, très vite, sans pouvoir s'arrêter, puis s'en vouloir : c'est ce que vivent de nombreuses personnes atteintes d'hyperphagie boulimique. Voici, en mots simples, comment la reconnaître et pourquoi on peut s'en sortir.

Bien plus qu'un « gros appétit »

L'hyperphagie boulimique fait partie des troubles des conduites alimentaires (TCA), comme l'anorexie ou la boulimie. Ce n'est ni de la gourmandise, ni un manque de volonté.

Elle se manifeste par des crises : en peu de temps, la personne mange beaucoup plus que la plupart des gens ne le feraient, avec le sentiment de ne plus pouvoir s'arrêter. Par exemple, un soir après une journée difficile, vider un paquet de biscuits puis un autre, presque sans s'en rendre compte.

Comment la reconnaître ?

Pendant les crises, on retrouve souvent plusieurs de ces signes :

  • manger beaucoup plus vite que d'habitude ;
  • manger jusqu'à se sentir mal tant on est plein ;
  • manger beaucoup sans avoir faim ;
  • manger seul, par gêne ;
  • se sentir dégoûté de soi, triste ou très coupable après coup.

On parle d'hyperphagie boulimique quand ces crises reviennent régulièrement, au moins une fois par semaine depuis plusieurs mois, et font souffrir. À la différence de la boulimie, elles ne sont pas suivies de vomissements, de jeûnes ou de sport à outrance pour « compenser ».

Un trouble plus fréquent qu'on ne le croit

L'hyperphagie boulimique est le plus fréquent des troubles alimentaires : elle concerne environ 2 à 3 personnes sur 100 au cours de leur vie. Elle touche les femmes, mais aussi beaucoup d'hommes, et peut exister quel que soit le poids.

Pourtant, elle reste souvent longtemps sans nom. Beaucoup de personnes n'en parlent qu'au bout de plusieurs années, par honte ou parce qu'elles ignorent qu'il s'agit d'un trouble qui se soigne.

Une souffrance qui ne vient pas seule

Les crises s'accompagnent souvent d'autres difficultés : de l'anxiété, une humeur triste, parfois une dépression. C'est pourquoi le psychologue s'intéresse à vous dans votre ensemble, et pas seulement à votre façon de manger.

Qu'est-ce qui aide ?

Bonne nouvelle : l'hyperphagie boulimique se soigne. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est l'approche la plus étudiée. Elle aide à comprendre ce qui déclenche les crises (certaines émotions, certaines pensées, certaines situations), à les espacer, et à retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture. Une thérapie centrée sur les relations et les moments de vie difficiles aide aussi à réduire les crises.

À l'inverse, les régimes seuls ne règlent pas le problème : l'enjeu est d'abord de se sentir mieux avec l'alimentation. Si besoin, le psychologue travaille en lien avec votre médecin.

Oser en parler

La honte pousse souvent à se cacher, parfois pendant des années. Pourtant, ce trouble n'a rien d'un défaut de caractère, et l'on peut en sortir. Si vous vous reconnaissez, ou si vous vous inquiétez pour un proche, en parler à un psychologue est un premier pas précieux.

Chez L'Espace Commun, Andie, fondatrice du centre, vous oriente vers le psychologue le plus adapté à votre situation.

Pour aller plus loinTroubles des conduites alimentaires (TCA)

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