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L'anxiété sociale : quand le regard des autres devient une épreuve

Prendre la parole en réunion, passer un coup de fil, aller à une soirée : pour certaines personnes, ces moments ordinaires déclenchent une peur intense d'être jugé. Comprendre ce qui entretient cette anxiété est déjà un premier pas pour s'en libérer.

Bien plus que de la timidité

Tout le monde a déjà eu le trac avant un oral ou rougi devant un inconnu. C'est normal. Mais pour certaines personnes, cette gêne devient envahissante. On parle alors d'anxiété sociale, ou de trouble anxiété sociale.

Au cœur de ce trouble, il y a une peur précise : celle d'être mal jugé par les autres. Cette peur pousse à redouter, voire à éviter, des situations pourtant banales : manger devant quelqu'un, demander un renseignement, participer à une conversation.

Un trouble fréquent, souvent discret

L'anxiété sociale est loin d'être rare. Aux États-Unis, on estime qu'environ 8 % des personnes en souffrent au cours d'une année. Elle commence souvent tôt dans la vie et a tendance à durer si l'on n'en parle pas.

Elle peut peser sur les études, le travail, la vie amoureuse et amicale. Pourtant, elle passe souvent inaperçue. Les personnes concernées sont rarement celles qui se font remarquer… justement parce qu'elles redoutent d'attirer l'attention.

Ce qui se passe dans la tête

Le psychologue Stefan Hofmann a décrit en 2007 plusieurs mécanismes qui entretiennent l'anxiété sociale. En voici quelques-uns, avec des mots simples :

  • Des exigences très hautes : on imagine que les autres attendent beaucoup de nous, et qu'il faut être parfait.
  • L'attention tournée vers soi : pendant une conversation, on s'observe. « Est-ce que je rougis ? Est-ce que ma voix tremble ? » Résultat, on écoute moins l'autre, et on a encore plus de mal à être à l'aise.
  • Une image de soi sévère : on se voit comme maladroit, peu intéressant, même quand ce n'est pas l'avis des autres.
  • Une catastrophe imaginée : on pense qu'une petite gêne aura de grosses conséquences, et qu'elle est très probable.
  • Le film qu'on se repasse : après une soirée, on rejoue la scène en boucle, en ne retenant que ce qui a « raté ».

Le piège des « comportements de sécurité »

Pour se protéger, on met en place de petites stratégies : répéter mentalement ses phrases, sourire de façon forcée, éviter de regarder les gens, rester près de la sortie, ou tout simplement ne pas y aller.

Sur le moment, cela rassure. Mais ces stratégies ont un revers : elles empêchent de découvrir que la catastrophe redoutée ne serait sans doute pas arrivée. La peur reste donc intacte, prête à revenir la fois suivante. Et parfois, ces stratégies attirent même l'attention sur ce qu'on voulait cacher.

Ce qui aide

Bonne nouvelle : l'anxiété sociale se soigne. La thérapie cognitive et comportementale (TCC), avec un travail d'exposition progressive, est considérée comme le traitement psychologique de référence. D'autres approches, comme la thérapie d'acceptation et d'engagement, ont aussi montré leur intérêt.

Concrètement, la thérapie peut vous aider à :

  • tourner votre attention vers l'extérieur, vers la conversation et les autres, plutôt que vers vos sensations ;
  • tester vos craintes à travers de petites expériences, en douceur et à votre rythme ;
  • lâcher peu à peu les comportements de sécurité, pour constater que vous pouvez faire face sans eux ;
  • vous voir plus justement, par exemple grâce à une vidéo de vous en situation, qui permet de comparer ce que vous ressentez avec ce que les autres voient réellement ;
  • apprendre à accueillir l'anxiété au lieu de lutter contre elle.

Des programmes de TCC sur internet existent aussi et peuvent apporter une aide. Si vous vous posez des questions sur un traitement médicamenteux, parlez-en à votre médecin.

Vous vous reconnaissez ?

Si la peur du regard des autres vous fait renoncer à des choses qui comptent pour vous, vous n'avez pas à rester seul avec elle. Un psychologue peut vous accompagner pas à pas, avec bienveillance, pour retrouver plus de liberté dans vos relations. Chez L'Espace Commun, Andie, fondatrice du centre, vous oriente vers le psychologue le plus adapté à votre demande.

Pour aller plus loinDépression & anxiété

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